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Tout quitter pour voyager

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Par Marie-Claude Savoie, rédactrice marketing chez Jobillico

Tout quitter pour voyager est un rêve que caressent bien des gens, mais que peu parviennent à réaliser. Le risque de perdre un emploi qu’on aime et de se retrouver dans une précarité financière est souvent ce qui explique l’abandon de ce rêve.

Pour Danny Kronstrom, spécialiste en marketing numérique, et Laura Parent, enseignante au primaire, la réalisation de ce rêve était plus importante que tout le reste.

Au moment d’écrire ces lignes, Danny est en plein cœur de l’Asie, au Myanmar. « Mon projet durera environ 6 mois. Du Sri Lanka au Vietnam, je suis un amoureux de l’Asie », explique Danny. Du côté de Laura, elle est revenue de son aventure de 10 mois en juin 2016. « J’ai passé trois mois et demi en Europe, 2 semaines au Maroc et 6 mois en Asie. Mon copain et moi voulions découvrir des pays que nous n’avions jamais visités et qui nous intéressaient de par leur culture », se souvient l’enseignante.

Voici comment le voyage a influencé le parcours de ces deux jeunes professionnels.

L’appel du voyage

Pour les deux globe-trotters, faire un long voyage est l’accomplissement d’un rêve. Une opportunité de dépasser leurs limites et d’aller à la rencontre de gens dont le quotidien est totalement différent du leur. « Nous n’avions pas envie d’attendre trop longtemps avant de faire de ce rêve une réalité. Nous avions envie de vivre cette merveilleuse aventure le plus rapidement possible. Pour nous, il s’agissait d’une façon de nous dépasser, de nous montrer que nous étions capables de nous débrouiller, et ce, même à l’autre bout du monde », explique celle qui est partie en sac à dos à l’âge de 23 ans. 

« Cela date de mon enfance, se souvient pour sa part Danny. J’ai toujours voulu découvrir le monde! Puis, l’élément déclencheur à tout ça s’est passé au début 2000. Un documentaire à propos d’Expo 67 présentait une femme qui n’était jamais sortie de son quartier de Montréal, sauf pour aller visiter le site d’Expo 67. Ça a eu un immense impact sur moi. Je ne pouvais pas m’imaginer ne pas découvrir le monde! »

Tout laisser derrière

Partir aussi longtemps signifie aussi laisser derrière soi famille, amis et collègues de travail. Une coupure de leur quotidien qui ne fut pas facile pour Danny et Laura malgré toutes les rencontres et les paysages inoubliables qui les attendaient. Ne pas avoir la présence des personnes qui comptent le plus dans leur vie, ne pas assister à certains événements heureux ou ne pas pouvoir être présents pour des êtres chers qui vivent des moments difficiles fut déchirant pour les voyageurs.

« J’avais de la difficulté à accepter d’être si loin de membres de ma famille ou de mes amis. Mais, j’ai choisi de me concentrer sur la belle expérience que je vivais avec mon copain au lieu de me concentrer sur ma nostalgie. J’ai été chanceuse d’avoir un soutien presque inconditionnel de la part de mes proches qui m’ont écrit et qui tenaient à savoir ce que je vivais », se remémore Laura Parent. Selon elle, les réseaux sociaux lui ont tout de même permis d’entretenir un lien fort avec le Québec. Même chose pour Danny qui affirme même que les médias sociaux rendent son expérience de voyage « encore plus humaine ».

Le retour à la vie normale

Après autant de temps à l’autre bout du monde, le retour à la vie normale peut faire peur. « En voyage, tout est synonyme de découvertes et de nouvelles expériences, je me questionnais donc quant à la façon dont j’allais vivre ce retour, explique Laura. J’étais nerveuse de revenir à Québec et de retourner dans une situation de précarité, la suppléance, comme je n’avais pas cumulé d’ancienneté en enseignement durant mon absence. Toutefois, j’ai rapidement recommencé à travailler et, 2 mois après la rentrée scolaire, j’ai obtenu un contrat jusqu’à la fin de l’année. Disons que tout s’est bien placé pour moi. »

Ce voyage ne sera toutefois pas sans conséquence pour le parcours professionnel de Laura. « Je vais obtenir mon poste permanent 2 ou 3 ans après certaines personnes ayant gradué en même temps que moi », souligne-t-elle. Elle soutient tout de même que cette expérience en valait amplement la peine. Même que, sur le plan personnel, cela lui a permis de cibler quelles étaient les personnes les plus importantes pour elle et ce qui comptait le plus à ses yeux.

Pour Danny, qui est au cœur de son voyage, le retour à la réalité lui fait un peu peur. « Je suis débrouillard. Pour faire un tour du monde, il faut l’être! Je le serai tout autant au Québec, et je sais que je vais me trouver un nouvel emploi à mon retour. Mais ce qui m’inquiète c’est de trouver un emploi que j’aimais autant que celui que j’ai quitté pour vivre mon aventure », confie-t-il.

Un apprentissage unique

Faire un voyage de plusieurs mois marque une personne à jamais. Certains pays ont une culture et une vision de la vie en société tout à fait différentes de nous, au Canada. C’est ce que Danny et Laura ont pu observer pendant leur aventure. « Quand on voit comment les gens dans la pauvreté vivent, nos priorités changent. Tout d’un coup, avoir un contrat en enseignement ou faire de la suppléance apparait comme une préoccupation futile quand on voit des gens dans la misère, la grosse misère », admet Laura Parent.

D’un côté plus personnel, leur voyage respectif les a beaucoup fait évoluer. « Ce voyage m’a apporté beaucoup de confiance. Il m’a permis de réaliser que lorsqu’on a un projet de cette envergure et qu’on met tous les efforts nécessaires, il est possible de le réaliser. Évidemment, j’ai aussi énormément appris sur les différents pays, leur histoire, la culture, les points de vue et les perceptions des gens », explique Laura.

De son côté, Danny avoue que son voyage lui apprend un peu plus chaque jour à vivre le moment présent. Quelque chose qu’il avait beaucoup de mal à faire au Québec avec son mode de vie très actif. « Je vois aussi un très grand changement par rapport à ma connaissance de l’anglais. Je parle cette langue tous les jours pendant mon voyage! Cela va certainement m’être utile professionnellement à mon retour. »

Est-ce qu’ils le referaient?

« N’importe quand! » répond spontanément Laura qui est déjà en train de planifier son prochain long voyage avec son amoureux. « Beaucoup de gens attendent la retraite pour profiter de la vie, mais il faut le faire dès que possible. Il y aura toujours du travail, peu importe le domaine, mais les expériences vécues en voyage, elles, sont uniques », soutient-elle.

« Toute bonne chose a une fin, explique pour sa part Danny. Ce chapitre de ma vie se terminera dans quelques mois, et je serai très fier d’avoir réalisé ce rêve. Par contre, refaire un long voyage personnel de 6 mois? Non, je ne crois pas le refaire. Des petits voyages de 3 semaines par année, ça oui, c’est certain! Partir longtemps à l’étranger pour le boulot? Ça, j’adorerais! »

Et vous, quelles sont vos destinations voyage de rêve?

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