Le bonheur au travail : à qui la responsabilité?

Bonheur au travail Publié le 1 mars 2016 Par

Comme employeur, pouvons-nous faire en sorte que chacun déploie ses ailes et soit heureux au travail? Pouvons-nous nous assurer du bonheur de tous et chacun? Grande question.

Quand j’ai commencé à travailler en ressources humaines, je croyais que c’était effectivement notre responsabilité. Ma vision des choses s’est nuancée avec le temps. Heureusement. S’assurer du bonheur individuel de tous me semble une très grande, voire une énorme responsabilité! Est-ce aux employeurs de prendre, à eux seuls, cette grande responsabilité? Comment pourrions-nous rendre heureux quelqu’un qui ne voudrait pas de notre soutien ou qui ne cadrerait pas dans notre ADN?

Et si chacun était responsable de son propre bonheur? 

Amusons-nous en faisant un parallèle avec notre vie privée. Dans votre couple, avez-vous comme responsabilité de vous assurer du bonheur de votre conjoint ou conjointe? Assurément, vous souhaitez être là pour cette personne, l’accompagner, la soutenir. Vous désirez la voir heureuse. Mais êtes-vous garant de son bonheur? Si ce que vous êtes ne convient pas à cette personne, tenterez-vous de devenir une autre personne? Pourriez-vous même y arriver? Je crois que « non » est la réponse à ces questions. Pourquoi serait-ce différent dans le cas de la relation d’emploi?

Contribuer au bonheur dans le respect de notre ADN

Employeurs : vous assurerez-vous d’offrir un milieu propice à la réalisation des individus dans le respect de votre ADN, ou tenterez-vous de devenir quelqu’un d’autre pour plaire à tout le monde?

L’employeur peut effectivement contribuer à ce que les employés soient heureux. En créant un milieu de travail stimulant, en soutenant les employés, en les aidant à se développer et à exploiter leur potentiel, en étant là pour eux dans les moments difficiles, en facilitant le travail d’équipe, etc. Bref, ce sur quoi l’employeur a du pouvoir, c’est la création d’un environnement propice à la réalisation et à l’épanouissement.

Mais comment pouvons-nous créer un milieu de travail épanouissant? Il n’y a pas de réponse universelle, mais quelques pistes sont intéressantes à explorer.

Prenons par exemple l’équation liberté + soutien. Offrons-nous assez de liberté aux employés? Leur avons-nous créé et laissé l’espace nécessaire? Est-ce que nous leur permettons d’effectuer les mandats à leur façon? Peuvent-ils améliorer leurs postes de travail? Et le soutien : est-il présent, bien dosé et adapté aux besoins des individus? Les coachs les plus sages que j’ai rencontrés permettent à leurs collaborateurs de faire leurs propres apprentissages. Et ils ne donnent pas de réponses. Ils sont pourtant d’un soutien extraordinaire! Nous pouvons compter sur leur appui, ils ont bâti des relations de confiance, posent des questions permettant aux gens de cheminer, de grandir et de trouver les réponses par eux-mêmes. Non, ce n’est pas facile à faire. Mais c’est possible, ça se pratique, et ça fonctionne! Dans la même optique, il y a des organisations qui bâtissent différents outils pour soutenir les équipes, ce qui permet de laisser émerger les réponses, les idées et les améliorations au sein même des équipes de travail.

Je vous laisse un lien qui vous donnera d’autres pistes de solutions. On y parle de la condition d’épanouissement : sens au travail, reconnaissance de la performance, défis et efforts, connexion, appartenance, fierté… Toutes ces pistes y sont abordées.

Dan Ariely: Qu’est-ce qui nous apporte de la satisfaction dans notre travail ?

Malheureusement, même en mettant en place plusieurs pratiques pour contribuer à créer un milieu de travail épanouissant, il n’est pas garanti que chaque personne y trouve son compte. Les raisons sont diverses, mais souvent c’est une question de valeurs, voire de match : chaque milieu de travail a son ADN et ses propres couleurs, et la façon dont nous créons les environnements de travail y correspond. En tant qu’employeur, lorsque nous mettons en place ce type de pratiques, il est important de le faire dans le respect de qui nous sommes, tout en nous préoccupant du bienêtre de la collectivité.  N’oubliez pas : il est impossible de plaire à tout le monde!

Notre pouvoir personnel

Chacun est responsable de son bonheur. La bonne nouvelle, c’est qu’en ne mettant pas toutes nos attentes entre les mains d’une tierce personne, nous nous approprions notre pouvoir! Oui, nous avons en nous tout ce qu’il faut pour être heureux, ou non.

Vous n’êtes pas heureux au travail? Questionnez-vous : devant diverses situations, avez-vous tendance à voir le négatif ou le positif? Avez-vous une bonne attitude? Que pouvez-vous faire? Devriez-vous vous impliquer? Être proactif? Participer à la vie de votre entreprise? Mettre votre employeur au courant de ce que vous aimez? Trouvez-vous des solutions à ce qui vous agace? Faites-vous preuve d’ouverture avec vos collègues de travail? Bref, il est bien sage de faire un petit scan personnel pour mieux comprendre sur quoi nous pouvons agir. Peut-être aussi oubliez-vous de vous arrêter pour apprécier ce qui est bon autour de vous?

Vous avez tenté diverses approches, vous vous êtes questionné, et n’êtes toujours pas heureux? Il se peut que le match ne soit pas bon et que vous ne trouviez pas chaussure à votre pied dans votre emploi actuel. Peut-être devriez-vous penser à un changement?

S’approprier son pouvoir, c’est être plus libre. C’est aussi prendre sa responsabilité et avoir le courage d’aller vers son accomplissement… Et ça, c’est être sur la piste du bonheur!

Qui a dit que choisir le bonheur c’était choisir la facilité?