Ode aux sciences « molles » : la diversité d’emplois pour les diplômés en sciences humaines et en lettres

emploi-diplome-ode-sciences-humaines Publié le 29 novembre 2016 Par

C’est LA question qui angoisse beaucoup d’étudiants. Alors qu’à l’époque, mes réponses restaient évasives, maintenant, à ces gens, j’ai envie de répondre : tout. Certains ont un chemin tout tracé, d’autres se retrouvent devant une myriade de possibilités. Si cette diversité est parfois déstabilisante, elle est aussi exaltante.

Le fait est que grâce à des études en sciences humaines, nous pouvons porter une multitude de chapeaux. Ce que nous développons, c’est des aptitudes et des attitudes qui nous permettent d’exercer une foule de métiers. Bref, les diplômés en sciences humaines sont des personnes polyvalentes, et qui ne voudrait pas d’un tel employé au sein de son équipe?

Alors, pourquoi les humanités ont-elles si mauvaise réputation?

On ne se voilera pas la face, les préjugés sur l’emploi en sciences humaines et en arts ne font pas tous partie du domaine du mythe. La transition du milieu scolaire vers le marché du travail ne se fait pas toujours sans accrocs.

« Ton BAC, ça ne mène à rien »

Oui, il est souvent plus difficile et plus long de trouver un emploi lié à son domaine d’études, mais la réalité est plus complexe que cela. En génie, on devient ingénieur, en médecine, on devient médecin, mais en littérature, on devient littéraire? Et en philosophie, devient-on philosophe? Alors, difficile de définir ce qu’est un emploi « dans son domaine ».

C’est que les compétences acquises dans un tel parcours scolaire sont générales. Mais un employé avec un grand esprit de synthèse, une facilité d’apprentissage, des habiletés de rédaction et de résolution de problèmes est un atout majeur pour toute entreprise. Ce qu’il apprend n’est pas moins utile en société, l’association formation-emploi est simplement moins rigide.

Ses compétences sont adaptables et durables, elles lui permettent de grandir et lui servent d’outils pour tous ses apprentissages sur le marché du travail, contrairement à certaines connaissances plus techniques qui peuvent rapidement devenir obsolètes.

Et l’$$ dans tout ça?

argent

Oui, à leur sortie des bancs d’école, les jeudis ne sont pas jours de grande célébration. Leur modeste rémunération est entre autres due au fait que le parcours d’un diplômé en sciences humaines est loin d’être linéaire. Il change plus souvent d’emploi et se construit petit à petit un curriculum vitae diversifié et intéressant qui multiplie les occasions d’avancement. Ainsi, avec du temps, des efforts et de la volonté, un tel diplômé peut aspirer à des postes de gestion, de direction qui lui permettent d’améliorer grandement ses conditions salariales.

Selon le Times,Plusieurs grands dirigeants de compagnies et entrepreneurs sont des diplômés du domaine des sciences humaines, des arts ou des lettres : les PDG de Starbucks et de YouTube, pour ne nommer que ceux-là. La plupart s’entendent pour dire qu’ils sont fiers de leur parcours et que leurs études ont contribué à leur réussite, d’une manière ou d’une autre.

Ce qui les lie aussi, c’est les difficultés qu’ils ont rencontrées au début de leur carrière. Mais cette période de recherche d’emploi plus ardue ne les a pas empêchés d’accomplir de grandes choses. Ils ont simplement suivi un chemin plus sinueux, parfois semé d’embûches. L’important, c’est qu’ils en sortent grandis.

Comment les aider à mieux intégrer le marché de l’emploi?

On ne prépare pas assez les diplômés à leur recherche d’emploi. Ils ignorent souvent toutes les possibilités qui s’offrent à eux. Ils sont parfois perdus, ne savent pas comment présenter leurs habiletés devant un employeur potentiel.

Pourtant, ils ont appris à penser le monde, à rédiger avec clarté et concision, à expliquer les choses de manière à convaincre n’importe quel interlocuteur. Ils ont appris à observer l’humain, à le comprendre, ils ont posé un regard curieux et intelligent sur le monde.

Ce qu’il faut, c’est leur apprendre la valeur de leur diplôme, leur montrer qu’ils sont compétents, qu’ils ont des atouts uniques qui sont indispensables sur le marché du travail. Il faut leur apprendre qu’ils sont importants, qu’ils peuvent tout faire.

Bref, mes chers collègues mous, je vous invite à embrasser votre parcours et la diversité qui en découle, c’est une panoplie de portes ouvertes. Si certains voient la mobilité et le changement comme une instabilité d’emploi angoissante, j’y vois plutôt des occasions infinies et inestimables de se réinventer.

Par Mylène Fortin, rédactrice

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