Étudier sous le soleil des Caraïbes
Imaginez que votre salle de classe donne sur l’océan et que vous marchez sur du sable pour vous rendre au campus, pas sur du béton. Imaginez faire vos travaux en vous faisant dorer au soleil. Les Caraïbes offrent de nombreuses possibilités aux étudiants canadiens désirant rester plus qu’une semaine dans une station balnéaire avec formule « tout compris » – voilà un aperçu de ce qui pourrait vous attendre.
« L’expérience typique des Canadiens dans les Caraïbes est assez courte et plutôt touristique, explique Bronwen Tucker. Il n’y a rien de mal à ça, mais si vous étudiez ici pendant quatre mois, il est certain que vous aurez l’occasion de mieux connaître le pays. » Madame Tucker a passé le trimestre d’automne à Holetown, à la Barbade. Elle a passé des après-midi à observer des singes, à se baigner dans la mer avec des poissons tropicaux et à suivre des cours de surf sur la côte sud. Et malgré tout, elle a trouvé le temps d’accumuler des crédits.
Madame Tucker est d’abord venue à la Barbade dans le cadre de son programme d’études au Bellairs Research Institute – un établissement de sciences faisant partie de l’Université McGill. Mais elle est rapidement tombée amoureuse des plages, de la faune et de la plongée sous-marine. « Étudier à l’étranger, que ce soit n’importe où dans le monde, est toujours une aventure intéressante, mais les Caraïbes sont à bien des égards aux antipodes du Canada, alors il y a toujours un nouveau truc à essayer », raconte-t-elle.
Dans le cadre de son diplôme en arts et en sciences, elle a choisi de faire une concentration en environnement sous un angle, dit-elle, qu’il aurait été impossible d’adopter au Canada. Avec leurs écosystèmes plus fragiles, les pays des Caraïbes subissent immédiatement les effets des changements climatiques, explique-t-elle. « Les problèmes environnementaux n’ont pas de frontières, alors je crois qu’il est crucial de les observer sous divers angles. »
Quand elle n’était pas sur un banc d’école, Mme Tucker se promenait sur l’île dans des autobus bondés, chauds et saturés de reggae. Elle affirme que se déplacer ne coûte pas cher, et qu’elle a ainsi pu explorer chaque coin de l’île. « La côte est de la Barbade n’est pas aussi développée que le reste de l’île, et les stations balnéaires et les hôtels y sont rares, mais c’est également là que j’ai vu les endroits les plus beaux », souligne-t-elle.
La camarade de classe de Mme Tucker à l’Institut Bellairs, Jodi McNeill, avoue qu’étudier à la Barbade est une expérience vraiment unique. « Étant donné que la Barbade est une petite île, nous avons vraiment eu l’occasion de nous mêler à la culture… Étudier et découvrir la culture d’un pays, c’est vraiment un bon équilibre. » Les jours de congé, on pouvait voir le groupe de 22 étudiants profitant de la culture Bajan dans la rue, à l’occasion de la fête du « poisson frit », ou encore déambuler dans les « échoppes de rhum », que Mme Tucker qualifie de commerce hybride entre le dépanneur du coin et le bar du coin.
Avec toutes ces tentations, il est extraordinaire que les étudiants soient tout de même arrivés à abattre tant de travail, explique Mme Tucker, mais c’est parce que chacun encourageait les autres. « Tout le monde avait envie d’aller découvrir ces merveilles. Nous nous motivions les uns les autres et planifions les moments de travail et les moments de plaisir », raconte-t-elle. Pour les deux étudiantes, découvrir c’est également apprendre.
Dans le cadre de son programme, Mme Tucker a également trouvé un stage qui lui a permis de travailler avec le centre durable de recyclage de la Barbade. À la Barbade, dit-elle, il n’y a pas de camions consacrés à la cueillette des matières recyclables. Le gouvernement a donc conclu un marché avec le centre pour filtrer les matières réutilisables avant qu’elles ne se retrouvent dans un dépotoir. « C’est vraiment important sur un si petit territoire, car il n’y a pas beaucoup de place pour les déchets », ajoute-t-elle.
En complément à ses études en développement international, Mme McNeill a pu trouver un stage dans l’industrie de la sécurité alimentaire. Cette expérience est un atout professionnel incroyable, car l’organisme pour lequel elle travaille est étroitement lié à l’employeur idéal pour elle : l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. « J’aime l’approche pratique de ce programme d’études, explique-t-elle. Ça fait vraiment du bien d’avoir une expérience pratique dans ma discipline. »
Pour Mme McNeill, l’adaptation la plus difficile a été d’apprendre à travailler au « rythme Bajan ». Dans cette culture où rien ne presse, la rapidité est rarement une priorité, ce qui va à l’encontre du facteur temps de son projet. « Amener les gens à remplir nos évaluations n’a pas été chose facile, raconte-t-elle. Mais on apprend à vivre avec ces différences et à s’adapter. »
Madame Tucker et Mme McNeill affirment toutes deux que le fait d’étudier dans les Caraïbes leur a permis de goûter à la culture côtière de manière tout à fait unique. « C’est vraiment un endroit merveilleux, et c’est fantastique d’être dans la région même dont vous parlez en classe. Ça permet de comprendre pleinement la dynamique du pays et son style de vie », confie Mme McNeill.
Avec ses 30 territoires, les Caraïbes offrent aux étudiants des occasions illimitées d’explorer et d’apprendre. « Chaque pays des Caraïbes a sa propre personnalité. Je connais bien la Barbade, mais je dirais qu’il y a probablement des îles pour tous les goûts, c’est une région marquée par la diversité », conclut Mme Tucker. Il y a sûrement une île correspondant à vos goûts, alors pourquoi ne pas la trouver?
Danielle Klassen est en quatrième année de journalisme à l’Université Carleton.
Pour plus de renseignements, veuillez consulter : mcgill.ca/bellairs, webometrics.info, aucc.ca, magazineoptionscarrieres.com
Sortez de votre zone de confort : Emplois d’été et placements coop dans le Nord
Lorsque Kevin Robbie a accepté un placement coop de trois mois pendant l’été à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, il s’attendait à trouver des températures fraîches et une ville semblable à celle où il est né, Georgetown, en Ontario. Il n’aurait jamais imaginé nager dans les eaux glacées du Grand lac des Esclaves, rentrer chez lui à pied à 23 h sous un soleil de plomb, ni contempler des aurores boréales.
Robbie, un étudiant en technologie aéronautique au Collège Seneca, a fait son stage obligatoire chez Arctic Sunwest Charters, une compagnie d’aviation. Il y voyait l’occasion de voyager et d’essayer quelque chose de nouveau.
Avec son seul et unique Tim Hortons, son cinéma et aucune autre ville à des milliers à la ronde, Yellowknife est loin de ressembler à Georgetown mais, selon Robbie, c’est la destination parfaite pour ceux qui ont le sens de l’aventure. « Je le recommande à tous ceux qui veulent avoir de nouvelles expériences et sortir de leur zone de confort – mais ne pensez même pas à un dîner dans un restaurant cinq étoiles ou à vous rendre quelque part en moins d’une heure », précise-t-il.
Pendant son placement dans le Nord, Robbie a non seulement gagné une expérience de travail, mais il a aussi découvert la variété de la faune et de la flore de la région, il s’est fait des amis et a fait partie d’une équipe de baseball. Il dit qu’il y a toujours quelque chose à faire, tant et aussi longtemps qu’on a l’esprit ouvert, et qu’on désire explorer et sortir des sentiers battus.
« Je crois que c’est une expérience formidable pour n’importe qui, même pour les gens qui ont peur, s’exclame Robbie. Dans l’ensemble, j’ai adoré mon séjour dans le Nord. J’y retournerais n’importe quand. »
L’expérience aura peut-être été un tremplin pour Robbie, car il a la possibilité de retourner là-bas après ses études pour devenir pilote. Quoi qu’il en soit, il estime être maintenant mieux préparé à prendre des décisions quant à son avenir.
Dane Pearce-Meijerink, un camarade de Robbie au Collège Seneca, a profité de son placement coop pour travailler chez Northwestern Air Lease Limited, à Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest. Il est également très enthousiaste par rapport à ce qu’il a vécu. « Quiconque désirant un jour travailler dans le Nord devrait tenter l’expérience. »
Pearce-Meijerink estime que les trois mois et demi qu’aura duré son stage ont passé vite et lui ont permis de créer des contacts, d’apprendre des techniques de pilotage de brousse et de voyager. Cet étudiant de vingt ans ne s’est pas ennuyé un seul instant, car il y avait beaucoup de travail à faire – il a même perdu 20 livres tant sa vie était active et son emploi du temps bien rempli.
Il a trouvé que ça le changeait agréablement de son rythme de vie étudiant. « Posez votre candidature seulement si vous êtes prêt à travailler d’arrache-pied », affirme-t-il.
Pour Malcolm Gomes, qui a également décidé de faire son stage coop dans les Territoires du Nord-Ouest, le but était de connaître autre chose que l’école de pilotage.
Gomes a eu son premier aperçu du travail de pilote de brousse dans l’Arctique en regardant la populaire série télévisée « Pilote des glaces », alors qu’il était en première année au Collège Seneca. Après avoir vu des pilotes atterrir sur un lac gelé grâce à des techniques de pilotage extrêmes, il a eu envie de vivre une expérience hors des sentiers battus et s’est mis à faire des recherches sur les compagnies d’aviation dans le Nord.
Il y a bien eu le choc culturel en arrivant, mais Gomes, qui en est à sa troisième année d’études, s’est habitué à la vie à Yellowknife, au point où il songe même à retourner dans le Nord une fois son diplôme en poche. « Pour l’instant, je pense y retourner, s’exclame-t-il. Peut-être au Yukon. » Gomes ne sait pas s’il est prêt ou pas à affronter les rigueurs de l’hiver, mais il dit qu’il se rappellera toujours de cette expérience. « Dans quarante ou cinquante ans, j’en parlerai à mes petits-enfants », dit-il.
Lynne McMullen, présidente de l’École d’aviation et de technologie du Collège Seneca dit que les étudiants qui ont l’occasion de travailler dans des compagnies nordiques peuvent explorer le monde loin de chez eux, élargir leurs horizons et jeter les bases de leur avenir.
Mme McMullen estime que les placements d’été sont un atout pour n’importe quel étudiant et que l’expérience acquise dans le Nord attire l’attention d’employeurs éventuels. « À leur place, j’aimerais mieux embaucher quelqu’un qui a de l’expérience et qui connaît la réalité du travail », explique-t-elle. Elle conseille aux étudiants inscrits au programme d’essayer tout ce qui les intéresse. Il faut surtout garder une ouverture d’esprit et acquérir le plus de compétences possible. « L’expérience, aussi infime soit-elle, est ce qui vous structure sur le plan professionnel », ajoute-t-elle.
Selon Mme McMullen, les placements donnent aux étudiants l’occasion de s’épanouir et d’acquérir une expérience pratique, mais c’est aussi une lumière au bout du tunnel après plusieurs années sur les bancs d’école. Quant aux étudiants qui décident de s’aventurer dans le Nord, les sons de cloche ont toujours été bons », dit-elle.
Évidemment, ce ne sont pas tous les programmes qui offrent des placements coop ou des stages aux étudiants, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il faut renoncer à travailler dans le Nord. Emily Pope, étudiante en troisième année de psychologie à l’Université d’Ottawa, a passé l’été à travailler à temps plein comme secouriste à Cambridge Bay, au Nunavut. Elle raconte que c’était la première fois qu’elle voyageait toute seule et qu’elle quittait le nid familial. Elle a posé sa candidature en ligne, sur le site du programme Jeunesse Canada au travail. Elle voulait vivre quelque chose sortant de l’ordinaire.
Alors qu’à travers le hublot apparaissait le petit aéroport où l’avion s’apprêtait à atterrir, Pope s’est soudainement demandé : « Dans quel pétrin me suis-je mise? » Mais ses doutes se sont vite dissipés quand elle s’est immergée dans la culture locale, a assisté à des spectacles de chants de gorge et de danse au son du tambour, et qu’elle a pris le temps d’aller voir les œuvres d’artistes locaux. La jeune femme de 20 ans dit qu’elle a pu échanger avec des amis de longue date et de nouveaux amis sur Facebook, et leur faire un compte rendu vivant des célébrations entourant la venue de baleines dans la baie.
Pope, qui avoue ne pas aimer particulièrement la nature, dit qu’un séjour dans le Nord est une aventure extraordinaire : « Si vous désirez sortir des sentiers battus, c’est l’endroit où aller! » Non seulement son travail de secouriste lui a-t-il vraiment plu, au point où elle compte y retourner l’été prochain, mais elle a aussi trouvé le temps de travailler dans un foyer d’accueil et d’apprendre à tricoter. Elle a également goûter à des mets typiques du Nord – le petit lard de poisson (pas son met préféré), mais également des burgers de bœuf musqué et de la viande de caribou.
Outre le choc des cultures, Pope conseille aux intéressés d’apporter certains produits alimentaires, ce qui leur permettra d’économiser plus tard – et de ne pas oublier de mettre le beurre d’arachides dans la valise, et non dans le bagage à main. Une leçon qu’elle a apprise à la dure.
Erin Jackson est étudiante en journalisme à l’Université Carleton. Elle participe actuellement à un voyage d’échange aux Pays-Bas.
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