Sortez de votre zone de confort : Emplois d’été et placements coop dans le Nord
Lorsque Kevin Robbie a accepté un placement coop de trois mois pendant l’été à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, il s’attendait à trouver des températures fraîches et une ville semblable à celle où il est né, Georgetown, en Ontario. Il n’aurait jamais imaginé nager dans les eaux glacées du Grand lac des Esclaves, rentrer chez lui à pied à 23 h sous un soleil de plomb, ni contempler des aurores boréales.
Robbie, un étudiant en technologie aéronautique au Collège Seneca, a fait son stage obligatoire chez Arctic Sunwest Charters, une compagnie d’aviation. Il y voyait l’occasion de voyager et d’essayer quelque chose de nouveau.
Avec son seul et unique Tim Hortons, son cinéma et aucune autre ville à des milliers à la ronde, Yellowknife est loin de ressembler à Georgetown mais, selon Robbie, c’est la destination parfaite pour ceux qui ont le sens de l’aventure. « Je le recommande à tous ceux qui veulent avoir de nouvelles expériences et sortir de leur zone de confort – mais ne pensez même pas à un dîner dans un restaurant cinq étoiles ou à vous rendre quelque part en moins d’une heure », précise-t-il.
Pendant son placement dans le Nord, Robbie a non seulement gagné une expérience de travail, mais il a aussi découvert la variété de la faune et de la flore de la région, il s’est fait des amis et a fait partie d’une équipe de baseball. Il dit qu’il y a toujours quelque chose à faire, tant et aussi longtemps qu’on a l’esprit ouvert, et qu’on désire explorer et sortir des sentiers battus.
« Je crois que c’est une expérience formidable pour n’importe qui, même pour les gens qui ont peur, s’exclame Robbie. Dans l’ensemble, j’ai adoré mon séjour dans le Nord. J’y retournerais n’importe quand. »
L’expérience aura peut-être été un tremplin pour Robbie, car il a la possibilité de retourner là-bas après ses études pour devenir pilote. Quoi qu’il en soit, il estime être maintenant mieux préparé à prendre des décisions quant à son avenir.
Dane Pearce-Meijerink, un camarade de Robbie au Collège Seneca, a profité de son placement coop pour travailler chez Northwestern Air Lease Limited, à Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest. Il est également très enthousiaste par rapport à ce qu’il a vécu. « Quiconque désirant un jour travailler dans le Nord devrait tenter l’expérience. »
Pearce-Meijerink estime que les trois mois et demi qu’aura duré son stage ont passé vite et lui ont permis de créer des contacts, d’apprendre des techniques de pilotage de brousse et de voyager. Cet étudiant de vingt ans ne s’est pas ennuyé un seul instant, car il y avait beaucoup de travail à faire – il a même perdu 20 livres tant sa vie était active et son emploi du temps bien rempli.
Il a trouvé que ça le changeait agréablement de son rythme de vie étudiant. « Posez votre candidature seulement si vous êtes prêt à travailler d’arrache-pied », affirme-t-il.
Pour Malcolm Gomes, qui a également décidé de faire son stage coop dans les Territoires du Nord-Ouest, le but était de connaître autre chose que l’école de pilotage.
Gomes a eu son premier aperçu du travail de pilote de brousse dans l’Arctique en regardant la populaire série télévisée « Pilote des glaces », alors qu’il était en première année au Collège Seneca. Après avoir vu des pilotes atterrir sur un lac gelé grâce à des techniques de pilotage extrêmes, il a eu envie de vivre une expérience hors des sentiers battus et s’est mis à faire des recherches sur les compagnies d’aviation dans le Nord.
Il y a bien eu le choc culturel en arrivant, mais Gomes, qui en est à sa troisième année d’études, s’est habitué à la vie à Yellowknife, au point où il songe même à retourner dans le Nord une fois son diplôme en poche. « Pour l’instant, je pense y retourner, s’exclame-t-il. Peut-être au Yukon. » Gomes ne sait pas s’il est prêt ou pas à affronter les rigueurs de l’hiver, mais il dit qu’il se rappellera toujours de cette expérience. « Dans quarante ou cinquante ans, j’en parlerai à mes petits-enfants », dit-il.
Lynne McMullen, présidente de l’École d’aviation et de technologie du Collège Seneca dit que les étudiants qui ont l’occasion de travailler dans des compagnies nordiques peuvent explorer le monde loin de chez eux, élargir leurs horizons et jeter les bases de leur avenir.
Mme McMullen estime que les placements d’été sont un atout pour n’importe quel étudiant et que l’expérience acquise dans le Nord attire l’attention d’employeurs éventuels. « À leur place, j’aimerais mieux embaucher quelqu’un qui a de l’expérience et qui connaît la réalité du travail », explique-t-elle. Elle conseille aux étudiants inscrits au programme d’essayer tout ce qui les intéresse. Il faut surtout garder une ouverture d’esprit et acquérir le plus de compétences possible. « L’expérience, aussi infime soit-elle, est ce qui vous structure sur le plan professionnel », ajoute-t-elle.
Selon Mme McMullen, les placements donnent aux étudiants l’occasion de s’épanouir et d’acquérir une expérience pratique, mais c’est aussi une lumière au bout du tunnel après plusieurs années sur les bancs d’école. Quant aux étudiants qui décident de s’aventurer dans le Nord, les sons de cloche ont toujours été bons », dit-elle.
Évidemment, ce ne sont pas tous les programmes qui offrent des placements coop ou des stages aux étudiants, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il faut renoncer à travailler dans le Nord. Emily Pope, étudiante en troisième année de psychologie à l’Université d’Ottawa, a passé l’été à travailler à temps plein comme secouriste à Cambridge Bay, au Nunavut. Elle raconte que c’était la première fois qu’elle voyageait toute seule et qu’elle quittait le nid familial. Elle a posé sa candidature en ligne, sur le site du programme Jeunesse Canada au travail. Elle voulait vivre quelque chose sortant de l’ordinaire.
Alors qu’à travers le hublot apparaissait le petit aéroport où l’avion s’apprêtait à atterrir, Pope s’est soudainement demandé : « Dans quel pétrin me suis-je mise? » Mais ses doutes se sont vite dissipés quand elle s’est immergée dans la culture locale, a assisté à des spectacles de chants de gorge et de danse au son du tambour, et qu’elle a pris le temps d’aller voir les œuvres d’artistes locaux. La jeune femme de 20 ans dit qu’elle a pu échanger avec des amis de longue date et de nouveaux amis sur Facebook, et leur faire un compte rendu vivant des célébrations entourant la venue de baleines dans la baie.
Pope, qui avoue ne pas aimer particulièrement la nature, dit qu’un séjour dans le Nord est une aventure extraordinaire : « Si vous désirez sortir des sentiers battus, c’est l’endroit où aller! » Non seulement son travail de secouriste lui a-t-il vraiment plu, au point où elle compte y retourner l’été prochain, mais elle a aussi trouvé le temps de travailler dans un foyer d’accueil et d’apprendre à tricoter. Elle a également goûter à des mets typiques du Nord – le petit lard de poisson (pas son met préféré), mais également des burgers de bœuf musqué et de la viande de caribou.
Outre le choc des cultures, Pope conseille aux intéressés d’apporter certains produits alimentaires, ce qui leur permettra d’économiser plus tard – et de ne pas oublier de mettre le beurre d’arachides dans la valise, et non dans le bagage à main. Une leçon qu’elle a apprise à la dure.
Erin Jackson est étudiante en journalisme à l’Université Carleton. Elle participe actuellement à un voyage d’échange aux Pays-Bas.
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La valeur d’une expérience à l’étranger
Aimeriez-vous poursuivre vos études ou faire un stage à l’étranger afin d’acquérir une expérience internationale ? Chaque année, plusieurs jeunes canadiens partent à l’aventure pour découvrir une autre culture, parfaire l’apprentissage d’une langue ou développer de nouvelles compétences. Outre l’acquisition de connaissances et d’habiletés pratiques, les bénéfices sont généralement considérables sur le plan personnel.
Apprendre ailleurs et autrement
Étudier à l’étranger comporte plusieurs apprentissages : personnel, culturel, linguistique, etc. « J’ai dû apprendre très rapidement à m’adapter à un système scolaire différent », déclare Marie Michelle Pineault, qui a quitté l’Université du Québec à Rimouski pour entreprendre la troisième session de son baccalauréat en adaptation scolaire et sociale en Belgique.
En raison de la langue d’enseignement différente et d’une approche pédagogique nouvelle, Philippe Hamel reconnaît avoir acquis, lors de son séjour en Suède, moins de connaissances disciplinaires qu’à l’Université Laval. Il souligne toutefois que cette expérience enrichissante lui a permis de s’ouvrir sur le monde, de développer son autonomie et d’établir des contacts en Europe.
Si vous souhaitez poursuivre vos études à l’étranger, vérifiez si votre établissement universitaire a signé des partenariats en ce sens. Les universités canadiennes offrent généralement aux étudiants la possibilité de faire une session d’études à l’étranger grâce à des ententes interuniversitaires. Du financement peut même être offert pour vous aider à réaliser votre projet.
Certains organismes peuvent également faciliter vos démarches. C’est le cas de CampusFrance Canada, un service de l’Ambassade de France au Canada, pour les étudiants canadiens qui souhaitent poursuivre ou entreprendre des études supérieures en France.
« Nous accompagnons les étudiants dans toutes leurs démarches, de la demande d’inscription à la demande de visa », explique Nancy Gill, chargée de mission coopération universitaire au bureau de l’agence à Ottawa. CampusFrance Canada aide annuellement quelque 2 000 étudiants à aller étudier en France, dont près de la moitié proviennent du Québec. Le nombre d’anglophones augmente cependant, ceux-ci pouvant désormais s’inscrire à des programmes offerts en anglais dans les universités françaises. Alors que certains choisissent la France pour l’enseignement offert et une approche différente et complémentaire du système scolaire canadien, d’autres osent l’expérience pour améliorer leur employabilité, progresser en français ou voyager.
Des expériences de travail internationales
Grâce à l’organisme étudiant AIESEC, Anne Marie Pineault a terminé sa maîtrise par un stage d’un an au Costa Rica, au sein d’une compagnie multinationale.
« J’ai acquis une expérience que je n’aurais jamais pu avoir au Canada si tôt dans mon cheminement. En effet, j’avais pour mandat de créer et de mettre sur pied un département de ressources humaines pour trois pays d’Amérique centrale. » Pendant son séjour, en plus de mettre en pratique les connaissances acquises au MBA, elle a développé son sens de la débrouillardise et a appris à mieux gérer son stress. Elle a aussi découvert la culture latino-américaine et a grandement amélioré sa connaissance de l’espagnol. Cela lui a permis, entre autres, d’obtenir un emploi à son retour au Québec. Elle travaille maintenant à Montréal pour un organisme dont 60 p. 100 de la clientèle est hispanophone.
De son côté, Émile Kamdem a choisi l’Allemagne, après ses études, pour y travailler. Pour lui aussi, l’expérience acquise à l’étranger a été reconnue par un employeur québécois : « Le fait de faire de l’ingénierie de pointe en Allemagne a facilité mon insertion dans une grande compagnie de télécommunications à Montréal et j’en suis très heureux. »
Tous les jeunes interrogés affirment qu’ils ont appris autant sur eux-mêmes que sur la culture dans laquelle ils étaient plongés. Ils ont développé leur capacité d’adaptation et plusieurs autres compétences personnelles et professionnelles recherchées par les employeurs. Tous souhaitent un jour repartir à l’étranger, pour les défis que l’aventure représente et pour la découverte – de l’autre et de soi – que cela permet.
N’hésitez pas à tenter l’aventure ; vous en ressortirez grandi ! Le monde s’offre à vous ; il ne tient qu’à vous d’en profiter!
Des programmes qui peuvent vous mener loin
Un grand nombre de programmes peuvent vous permettre de découvrir le monde de diverses façons (stage, emploi, recherche, coopération internationale, projet professionnel, etc.). En voici quelques-uns :
- AIESEC Canada : www.aiesec.ca/fr
- SWAP vacances-travail : www.swap.ca/out_fr/index.aspx
- Mission du Canada auprès de l’Union européenne à Bruxelles : http://bit.ly/CanadaBruxelles
- International Association for the Exchange of Students for Technical Experience : iaeste.sa.queensu.ca/
- Expérience internationale Canada – ministère des Affaires étrangères et Commerce international du Canada : http://bit.ly/AffairesEtrange
- Programmes internationaux de l’Association des universités et collèges du Canada : http://bit.ly/AUCCprogrammes
- Entraide universitaire mondiale du Canada : wusc.ca/fr/volontaire-outre-mer
- Programme de stages internationaux pour les jeunes de l’ACDI : www.acdi-cida.gc.ca/stages
- Jeunesse Canada Monde : jeunessecanadamonde.cwy-jcm.com/
- CUSO International : www.cusointernational.org/fr
- Bourses du Bureau canadien de l’éducation internationale : http://bit.ly/Bourses
Renseignez-vous également auprès de votre centre des carrières pour savoir si le gouvernement de votre province subventionne d’autres programmes.
Emmanuelle Tremblay est chargée de communication au Service de placement de l’Université Laval.




